Dictionnaire historique des académiciens de Lyon

Préface
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Pernetti Jacques (1696-1777)

par Samy Ben Messaoud.
Biographie Jacques Pernetti, encore écrit Pernety, est né à Lyon, paroisse Saint-Paul, le 28 octobre 1696. Georges Pernety, son père, né à Charancin dans le Valromey (01) en 1661 – donc « italien de naissance », comme le dit Bollioud – s’établit comme marchand épicier à Lyon, où il épouse Françoise Ruffier (1666-1752). Parrain  Jean-Jacques Vuillard du Tour, seigneur de Saint-Nizier et maître de requêtes au parlement de Dombes ; marraine  Anne Gayot, veuve de Joseph du Soleil, trésorier général de France. Jacques Pernetti est l’oncle d’Antoine Joseph Pernety (1716-1796), bénédictin de Saint-Maur, voyageur, alchimiste, illuministe. Selon Ch. Porset  « Frédéric II l’a appelé [A.-J. Pernety], croyant inviter son cousin l’abbé J. Pernety. Ce quiproquo lui vaut d’être nommé bibliothécaire » (p. 2190 ; Bricaud, p. 28) ; assertion contredite par la Gazette de France (29 juin 1767)  « Le roi de Prusse ayant désiré d’avoir pour son bibliothécaire Dom Pernetti […], ce religieux est parti pour se rendre à Berlin » ; et par le témoignage de Formey (t. I, p. 155). L’abbé Pernetti est parent du bibliophile lyonnais Adamoli* (Sordet, p. 291). Quant au vicomte Joseph-Marie Pernety (1766-1856), baron de l’Empire, il est descendant « de la famille de l’abbé Pernetti » (Vachet). Jacques Pernetti fait de brillantes études à Villefranche-sur-Saône, puis chez les jésuites d’Avignon. Ses professeurs, « reconnaissant des qualités louables et d’heureuses dispositions, l’admettent dans leur société » (Bollioud). Ordonné prêtre à Lyon vers 1720, il est nommé professeur dans les basses classes du Collège de la Trinité, où il rencontre le P. de Colonia*  « Je l’ai beaucoup connu dans ma jeunesse. Il était pour moi et pour ceux de mon âge un secours toujours présent, un objet d’émulation ; on avait envie de devenir savant quand on l’entendait » (Recherches pour servir à l’histoire de Lyon, t. II, p. 299-300). Chez Pernetti, l’éducation est une constante non seulement en tant que pratique, mais aussi objet de travaux académiques. Il quitte la Société de Jésus en 1731 « pour prendre soin de la vieillesse de sa mère devenue veuve et infirme » et veiller « à l’éducation de quelques jeunes gens dont les parents sont ses amis » (Bollioud). En effet, Jean de Boullongne, futur contrôleur général des finances de Louis XV, l’a nommé précepteur de son fils Jean-Nicolas (1726-1787), futur intendant des finances (Mosser, p. 296). Pernetti s’installe à Paris dans le luxueux hôtel des Boullongne, 23 place Vendôme. Sa vie parisienne ne se limite pas à l’enseignement, puisqu’il publie un roman à tonalité didactique, le Repos de Cyrus  « Tout m’a paru écrit avec un soin extrême et le style est très châtié et très recherché » (Dugas* à Saint Fonds*, 3 février 1733, t. II, p.126). Ce séjour est marqué par son initiation dans la loge Saint-Thomas, n° 2 au Louis d’Argent  « il figure sur la liste d’adresses du f°130 du manuscrit Joly de Fleury » (Chevallier, p. 143 ; BnF, FM Fichier Bossu 244). Pernetti a rencontré dans cette loge anglicane J.-Th. Desaguliers, J.-B. Gresset, Montesquieu… André de Claustre, chanoine lyonnais, a d’ailleurs attribué le Temple de Gnide à Pernetti (Table générale des matières contenues dans le Journal des savants, 1757, in-4°, t. VII, p. 293 ; de même l’abbé de La Roque, p. 434). Louis Phélipeaux, comte de Saint-Florentin (1705-1777), secrétaire d’État à la Maison du Roi, figure aussi parmi ses connaissances. Ce séjour parisien s’achève en 1747  « L’abbé Pernetti, le favori depuis quatorze ans de M. de Boullongne, est sorti de chez lui, de manière qu’il est obligé de se retirer à Lyon, où il est déjà. […] Il a écrit à Mme de la Tour qu’il était trop honnête homme pour dire la raison de son malheur », note Louis Racine (p. 434-435). En fait, Pernetti a été nommé « chanoine de seconde classe à la cathédrale de Lyon » par J.-N. de Boullongne, son ancien élève (Larousse). De retour à Lyon, rue Boissac (Almanach de Lyon, 1748, p. 148), où il est voisin de Jacques de Fleurieu de La Tourette*, « l’abbé Pernetti, Italien habitué à Paris » (Bibliothèque française, 1746, t. 42, partie 2, p. 367), entreprend un projet d’envergure  une nouvelle histoire de Lyon. Pour cela, le « Consulat consent à ce que l’abbé Pernetti reçoive communication des titres et documents concernant l’histoire de Lyon, qui se trouvent aux archives de la ville » (Péricaud, p. 30). Pernetti sollicite aussi la République des Lettres par le biais d’une lettre du 20 novembre 1749, publiée dans les feuilles périodiques  « Monsieur, ayant été sollicité et autorisé par le Consulat à la composition d’une nouvelle histoire de Lyon, j’ai cru devoir rassembler tous les moyens de la rendre parfaite qu’elle peut être  un des plus essentiels est la communication de pièces et des actes originaux qui se trouvent dans vos archives » (Mercure de France, avril 1750, p. 123). Louis Racine, « de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, recevra à Paris, et fera tenir à l’auteur [Pernetti] les mémoires et les documents qu’on voudra bien lui fournir » (Journal des savants, in-4°, mai 1750, p. 313). L’infatigable abbé ne se contente pas de cette enquête  dès son élection à l’académie de Lyon, il commence des investigations en vue d’une histoire de cette compagnie. Tous ces travaux sont achevés en 1757, précédés par la publication d’un nouveau roman  L’Infortuné provençal. Si les Recherches pour servir à l’histoire de Lyon ont fait l’objet de plusieurs articles de recension, le Journal de l’Académie des sciences et belles-lettres de la ville de Lyon depuis 1700 jusqu’à la fin de l’année 1757, ouvrage anonyme, demeure méconnu des biographes de Pernetti. Son attribution à Pernetti est pourtant confirmée par la demande de permission tacite (22 novembre 1757), faite par le libraire A. Delaroche auprès de Malesherbes (BnF, coll. Anisson-Duperron, vol. 91, ms.22151 f°120r-121v). L’impression de ce livre rare est supposée par Collombet  « Il paraît, d’après quelques notes écrites par un prote et placées de distance en distance dans le manuscrit [du Journal de l’Académie], que l’impression en avait été commencée, et que les premières feuilles en avaient été au moins composées » (p. 138). Le seul exemplaire connu, imprimé sous la fausse adresse « A LA HAYE, De l’Imprimerie de Beloved Rock-Island [Aimé Delaroche] M. DCC. LVII. » est conservé à la Bib. Méjanes [in-8 20399, 2]. Il reprend le Ms301 et ses corrections ; il comporte une vingtaine de corrections supplémentaires et un « Avis de l’éditeur ». Le marquis de Méjanes a ajouté cette mention manuscrite  « livre qu’on croit unique attribué à m. pernetti et que l’académie n’ayant pas trouvé exact délibéra de faire mettre en maculature ce qui fut exécuté ». L’abbé Duret propose une autre version, également suspecte  « L’abbé Pernetti avait fait une histoire de l’ac. qu’il montra aux académiciens, lesquels peu contents de la manière dont elle était faite, le prièrent de ne la point publier. Cependant, l’auteur la mit entre les mains d’un imprimeur, l’édition en était finie et prête à paraître lorsque M.M. de l’ac. obtinrent du commandant, M. de Rochebaron, un ordre pour la faire enlever toute entière, et elle fut jetée dans le Rhône de dessus le pont de pierre jusqu’au dernier exemplaire, et on regrette à présent de n’en avoir pas conservé au moins un. » (B. f°150, août 1782).L’abbé Pernetti a rencontré Voltaire lors de sa visite de Lyon en 1754. De leur correspondance ne subsistent que deux lettres du second, du 22 août 1760 et du 21 septembre 1761 (« Tout n’est pas dit pour vous, mon cher confrère ; car j’ai toujours à vous répéter que je vous aime de tout mon cœur »). Cependant Voltaire mentionne souvent ces échanges épistolaires. Dans une lettre adressée à Élie Bertrand, il note  « J’ai envoyé votre lettre [de candidature à l’Académie de Lyon] à l’abbé Pernetti » (12 mai 1759). De même pour l’abbé Mallet  « M. l’abbé Pernetti a lu une lettre de M. de Voltaire, académicien honoraire, datée de Berlin, par cette lettre M. de Voltaire prie l’Académie d’accorder à M. Mallet professeur d’éloquence et de belles-lettres à Copenhague une place d’académicien honoraire, cette demande est soutenue du témoignage avantageux que rend M. de Voltaire à la qualité et à l’exactitude de M. Mallet » (Ac.Ms266 f°39r, 22 août 1752 ; la lettre est perdue). La correspondance de Pernetti avec J.-J. Rousseau fut tout aussi cordiale. « J’attends qu’il [le roman de la Nouvelle Héloïse] soit ici où l’on l’imprime pour l’avoir à moi, et le relire de temps en temps, et devenir meilleur. C’est ma réponse à tous les blasphèmes que j’entends vomir contre lui », écrit Pernetti à (26 février 1761). En 1766, la page de titre de la seconde édition des Observations sur les savants incrédules de Jacques-François Deluc annonce un examen des œuvres de Voltaire, Rousseau, Diderot et Pernetti ; les Lettres philosophiques sur les physionomies de ce dernier sont brièvement critiquées. Outre ses livres, réédités et traduits, Pernetti est connu au sein de la République des Lettres « par son urbanité [et] la bonté de son cœur » (Ac.Ms271 f°147). Il secourt le P. Le Chapelain après l’expulsion des jésuites  « Si le petit père vient me trouver, qu’il m’envoie par les rouliers le lit et les draps que j’ai laissés, à l’adresse de l’abbé Pernetti à Lyon » (Gazier, p. 318). Pernetti quitte de nouveau Lyon en 1768 pour un nouveau séjour parisien, chez J.-N. de Boullongne (BM Lyon, MsCoste1131, pièce 24), rue Saint Honoré où il s’éteint « le 21 janvier 1777, laissant un très grand nombre d’ouvrages imprimés et manuscrits » (Ac.Ms271 f°147). Ses biographes situent son décès quelques semaines plus tard  Cioranescu et Dumas, le 6 février ; Péricaud, le 16 février. Les obsèques eurent lieu dans l’église de Saint-Roch, sa paroisse (Humbert, p. 191). Académie L’abbé Pernetti compte plusieurs amis de longue date au sein de l’Académie de Lyon  « J’ai eu ce matin la visite du P. Pernetti qui m’a donné de vos nouvelles » (Dugas à Saint-Fonds, 29 août 1721, t. I, p. 164). De même Antoine-François Regnauld de Parcieux*, directeur de l’Académie, qui propose sa candidature après le décès de L. Dugas (séance du 19 mars 1748). Il est élu le 26 mars 1748, « à la pluralité des voix. […] On a envoyé à la huitaine à fixer le jour de sa réception » (Ac.Ms266 f°7r), préféré à Jean-François Tolozan de Montfort* et à l’abbé Jean-Baptiste Greppo*. Le discours de réception, un éloge de Dugas, est présenté le 23 avril 1748 (manuscrit perdu). Pernetti consacrera à son défunt ami un nouvel éloge, lu dans les séances du 3 mai et 29 novembre 1757. Également élu à l’Académie des beaux-arts de Lyon, Pernetti y prononce son discours de réception le 23 juillet 1749. Pernetti, esprit encyclopédique, s’illustre d’emblée par une intense activité dont témoignent ses nombreuses dissertations. Pour lui, « le travail est la monnaie du plaisir » (Discours sur le travail, p. 31). Un discours prononcé en 1750, intitulé « sur les motifs qui peuvent engager un académicien à publier ses ouvrages par l’impression », suggère une nouvelle conception du savoir, destiné au large public des Lumières (Bollioud, Ac.Ms271 f°154). Mais le principal projet de Pernetti est la rédaction d’une histoire de l’Académie de Lyon dont des fragments sont lus au fur et à mesure dans les assemblées (17 mars et 5 mai 1750, 24 août 1751, 2 mai 1752, 6 février, 19 mars et 14 mai 1754, 18 février et 11 mars 1755). Quant aux Recherches pour servir à l’histoire de Lyon, elles ont elles aussi fait l’objet de discours à l’Académie  préface (15 avril 1749), Sidonie Appollinaire (16 février 1751), avant que l’ouvrage imprimé ne soit présenté le 22 novembre 1757 (Ac.Ms266 f°12r). Cette enquête sera complétée par le Tableau de Lyon, lu avant sa publication à l’Académie, dont il envoie un exemplaire à Malesherbes (Lyon, 27 mars 1760, BnF, ms.22151 f°84r-85v). Pernetti est élu à deux reprises directeur, de la Société royale le 16 décembre 1755, de l’Académie réunie le 15 décembre 1763. Son discours de réception à l’académie de Villefranche, commentaire d’une citation de Pope, est lu à nouveau à Lyon le 13 juillet 1762. De Paris, Pernetti écrit à ses confrères. « M. de la Tourette a fait la lecture d’une lettre de M. l’abbé Pernetti qui le prie d’assurer à la Compagnie de son respect et lui annonce la mort de M. de Parcieux [2 septembre], notre associé à l’Académie des sciences de Paris » (séance du 6 septembre 1768, Ac.Ms266 f°155r). Il envoie régulièrement « son tribut académique » (11 novembre 1770, Ac.Ms266 f°80v ; 26 novembre 1771, Ac.Ms266 f°127r ; 25 janvier 1772, Ac.Ms266 f°140r-140v). Lors de la séance du 15 décembre 1772, il demande le statut de vétéran  « M. le directeur [Bollioud-Mermet*] ayant recueilli les voix, il a été délibéré que pour témoigner à M. l’abbé Pernetti le regret de l’Académie, sa démission ne sera acceptée, que lorsque de retour à Paris, et persistant dans son dessein, il la lui enverra par écrit, et qu’alors il sera procédé à l’élection de son successeur » (Ac.Ms266 f°170v). Cette demande est renouvelée dans une lettre du 25 juin 1773  « M. le directeur a pris les voix, et la Compagnie n’espérant plus que M. l’abbé Pernetti puisse résider à Lyon a déféré à son désir par l’acceptation de sa démission » (6 juillet 1773, Ac.Ms266 f°28r). Publications Les Abus de l’éducation sur la piété, la morale et l’étude, Paris  veuve A. Coustelier, J. Guérin, 1728, in-12, 287 p. – Le Repos de Cyrus, ou l’histoire de sa vie, depuis sa seizième jusqu’à sa quarantième année, Paris  Briasson, 1732, in-8°, 3 t. (122-103-150 p.) en 1 vol. Ce roman pédagogique est traduit en allemand en 1735 par G. F. Bachmann (Journal des savants, avril 1733, p. 236-243 ; Mémoires de Trévoux, juin 1733, p. 1035-1047 ; 2e éd. en 1762, même libraire ; Moureau, p. 156 ; VLL7383). – Conseils de l’amitié, Paris  H. Guérin, J. Guérin, 1746, in-12, 245 p. (Mémoires de Trévoux, juin 1746, p. 1278-1294 ; Journal des savants, mai 1746, p. 313 ; 2e éd. encadrée, Lyon  De Ville, 1747 ; 3e éd., Paris, Jean-Fr. Bastien, 1784 ; L’Année littéraire, 1784, t. VII, p. 216 ; attribués à François Hemsterhuis sous le titre Ariste ou le vrai ami, ouvrage moral, in Œuvres philosophiques, 1846, t. I). – Lettres philosophiques sur les physionomies, La Haye  Neaulme, 1746, in-8°, IV-274 p. (Bibliothèque raisonnée, janvier-mars 1747, t. 38, p. 137-146 ; L’Année littéraire, 1760, t. V, p. 36-46 ; Mémoires de Trévoux, mai 1747, 1er vol., p. 773-783 ; rééd. chez le même libraire en 1748, in-8°, 335 p. ; éd. 1750, Proust, p. 319 ; trad. Philosophical letters upon physiognomies, London, Griffiths, 1761, in-12, XXIV-259 p.). – Histoire de Favoride, Genève, Barrillot et fils, 1750, in-12, 165 p. (rééd. dans les Nouvelles du XVIIIe siècle, éd. H. Coulet, Paris, Gallimard, « Bibl. de la Pléiade », 2012, p. 465-492 ; traduction allemande dédiée à Voltaire  Die Geschichte der Favoride An den Hern von Voltaire). – L’Infortuné provençal, ou mémoires du chevalier de Bélicourt, écrits par lui-même, Avignon, [s.n.], 1755, II-182 p. – Recherches pour servir à l’histoire de Lyon, ou les Lyonnais dignes de mémoire, Lyon  frères Duplain, 1757, in-8°, 2 vol. (Mémoires de Trévoux, mars 1758, p. 616-635 ; L’Année littéraire, 1758, t. II, p. 73-92 ; Journal des savants, août 1758, p. 330-347 ; Annales typographiques, juillet 1760, p. 182-183 ; BM Lyon Ms1086  exemplaire annoté par l’abbé de Saint-Léger ; VLL5623). – Journal de l’Académie des sciences et belles-lettres de la ville de Lyon depuis 1700 jusqu’à la fin de l’année 1757, La Haye, Beloved Rock-Island, XXIV + 424 p. – Observations sur la vraie philosophie, Lyon  A. Delaroche, 1757, in-8°, VIII-47 p. (L’Année littéraire, 1757, t. V, p. 283-286 ; rééd. dans Choix de philosophie morale propre à former l’esprit et les mœurs, Avignon  veuve Girard, 1771, in-12, 2 vol. ; L’Année littéraire, 1772, t. V, p. 161 ; Mercure de France, janvier 1773, 1er vol., p.116). – Tableau de Lyon, Lyon, 1760, [s.n.], in-8°, 82 p. (L’Année littéraire, 1760, t. IV, p. 300-307 ; BM Lyon, Rés389178  dédicace de Pernetti ; VLL5624). – Discours sur l’éducation, Lyon  A. Delaroche, 1763, in-12, 60 p. (livre présenté lors de la séance du 12 avril 1763, Ac.Ms266 f°71r ; Ac.Ms271 f°147). - Essai sur les cœurs, Amsterdam, [s.n.], 1765, in-12, 96 p. – Discours aux Lyonnais sur l’établissement de la maison de Bicêtre, s.l.n.d. [1765], in-4°, 11 p. – Discours sur le travail, Amsterdam, [s.n.], 1766, in-12, 33 p. – L’Homme sociable et lettres philosophiques sur la jeunesse, Paris  J. B. Dessain, 1772, in-12, 237 p. (Journal encyclopédique, janvier 1773, t. I, partie 1, p. 14-24 ; « L’auteur en remit un exemplaire à l’Académie, le 17 novembre 1772 », Dumas, t. I, p. 281 ; conservé sous la cote 200 252. Livre rare réédité en 1776 chez le même libraire. L’homme sociable avait été publié à Amsterdam, Mercus et Arckstée, 1767 ; et les Lettres… sont attribuées à F. P. Gourdin, Paris, 1767 et 1772 par la BU de Feller). – « Conjectures sur l’incendie de Lyon (1761) », Mélanges sur l’histoire ancienne de Lyon, éd. J.-B. Monfalcon, Lyon  Bajat, 1846, 22 p. (BM Lyon, Rés355935  éd. bibliophilique), dont le manuscrit, inventorié par Bollioud-Mermet (Ac.Ms271 f°202) et Dumas (t. I, p. 282), est aujourd’hui perdu. Manuscrits « Tableau des Lyonnais renommés dans les lettres, les sciences et les arts »  53 notices biographiques (Ac.Ms124 f°2-30). – « Réflexions sur le livre intitulé Telliamed [par Benoît de Maillet] contenant un nouveau système de la formation du monde », 9 novembre 1749 (Ac.Ms200 f°72-79 ; Mémoires de Trévoux, septembre 1750, p. 2083). – « Discours de réception [à l’Académie des beaux-arts], prononcé [le] 23 juillet 1749 » (Ac.Ms263 f°113). – « Discours sur la véronique, lu à l’assemblée de la société royale le 26 mai 1751 » (Ac.Ms222 f°64-69 ; Mercure de France, août 1753, p. 23-24 ; La Nouvelle bigarure, octobre 1753, t. VIII, p. 35-36). – « Mémoire sur Cochlearia, lu à la société royale de Lyon, 20 juillet 1753 » (Ac.Ms222 f°56-62). – « Mémoire sur le citronnier, lu à la société royale le 9 août 1754 » (Ac.Ms222 f°50-55). – « Éloge de Gaspard Grollier de Servières, 16 mai 1755 » (Ac.Ms124 f°31-41). – « La platine ou l’or blanc » (Ac.Ms214 f°131-137). – « Sur l’eau la plus convenable à la boisson, 27 mai 1757 » (Ac.Ms158 f°189-194). – « Nécrologe des académiciens de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon depuis 1700 jusqu’en 1757 inclusivement » (Ac.Ms119 f°128-144 ; Delandine, III, p. 429-430). – « Éloge de M. de la Monce lu à l’assemblée publique de la société royale, le 7 décembre 1753 » (Ac.Ms124 f°138-146). – « Journal historique de l’Académie de Lyon [depuis 1700 jusqu’en 1757] » (Ac.Ms301, 226 ff°  lettre à Mr. de Fleurieu, f°1-2 ; préface lue à l’Académie, le 2 mai 1752, f°3-8). – « Tableau de Lyon, 1759 » (Ac.Ms158 f°223-232). – « Mémoire sur le chêne, 1752 » (Ac.Ms143 f°95-100 ; Mercure de France, décembre 1753, vol. 2, p. 16-17). – « Remerciement à l’Académie de Villefranche, 1762 » (Ac.Ms129 f°32-43 ; Delandine, t. I, p. 469  « L’abbé Pernetti […] commente et étend les idées de cet axiome de Pope  “Tout ce qui est, est bien” »). – « Compte rendu des travaux de l’Académie pendant le dernier semestre, le 8 mai 1764 » (Ac.Ms267-II f°387-393). – « Discours funèbre sur la mort du Dauphin, 1766 » (Ac.Ms133 f°4-10). – « Hebes et Herculis hymen, 1767 ; poésie latine » (Ac.Ms126 f°69-74). – « La source du bonheur et de la tranquillité est dans le travail » (Ac.Ms129 f°18-27). – « Commencement d’un mémoire sur l’homme sociable, lu à l’Académie en 1769 » (Ac.Ms142 f°215-218). – « Sur la sociabilité, 1770 » (Ac.Ms128 f°45-52). – « Réponse aux questions d’un père sur l’éducation, 6 lettres, 1775 » (Ac.Ms147 f°21-21). – « Lettres philosophiques sur les sympathies, 12 novembre 1776 » (Ac.Ms142 f°119-127 ; Delandine, t. III, p. 473). Pernetti est l’auteur de manuscrits attribués à tort au P. de Colonia par J. Vaësen (Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, Paris, Plon, 1898, t. 31, p. 77)  « Les avantages de l’histoire relativement à l’éducation, 1762 » (Ac.Ms147 f°151-160 ; Grosclaude, p. 71-72). – « Remontrances aux religieuses sur leurs pensionnaires », 1768 (Ac.Ms147 f°23-38). – « Suite des lettres sur la jeunesse. Lettres 5e-8e » (Ac.Ms147 f°61-65). La BM de Lyon conserve  Lettre à Lottin jeune, libraire à Paris, Paris 18 novembre 1768 (BM Lyon, MsCoste1131, pièce 24). – « Observations sur les Lyonnais dignes de mémoire de M. Pernetti », 6 ff° (BM Lyon, MsCoste1089). – Lettre de Pernetti à Pierre Adamoli, 1757 (BM Lyon, MsPA52 f°68  copie, suivie de la réponse d’Adamoli, f°68v-69 ; seconde copie, BM Lyon, MsPA56 f°56 f°76-78, microfilm175 ; ce manuscrit contient des remerciements de Pernetti à Adamoli pour ses contributions aux Recherches pour servir à l’histoire de Lyon, Sordet, p. 291). – « Observations sur l’Histoire littéraire de la ville de Lyon [de Colonia] » (BM Lyon, MsCoste1090 f°1-22 ; f°3-4 sont vierges). – Lettre de Pernetti à un destinataire non identifié, Lyon 18 mars 1764 (BM Lyon, fonds général, Ms1793-13). - Lettre de Pernetti à Malesherbes, 27 mars 1760 (BnF, coll. Anisson-Duperron, vol. 91, ms.22151 f°84r-85v et remerciements de Malesherbes, brouillon sans date, f°85r-85v). Manuscrits perdus, inventoriés par Bollioud-Mermet (Ac.Ms271 f°154, f°202)  « Examen physique des qualités nuisibles du café relativement à la santé (1756) ». – « Conjecture sur l’incendie de Lyon décrit par Sénèque (1761) ». – « Éclaircissements sur les véritables confins qui séparent le Lyonnais du Dauphiné au faubourg de La Guillotière (1764) » (Dumas, t. I, 280-282). Bibliographie Almanach astronomique et historique de la ville de Lyon, Lyon  A. Delaroche, 1755, p. 188 ; 1770, p. 177. – M. Audin, Bibliographie iconographique du Lyonnais, Lyon  A. Rey, 1909, t. I, p. 165. - S. Ben Messaoud, « Voltaire et Lyon », Bull. de la Société Historique, Archéologique et Littéraire de Lyon, 2003, t. 33, p. 47-93. – Bollioud-Mermet, Ac.Ms271 f°147. – C. Bréghot du Lut et A. Péricaud. – J. Bricaud, Les Illuminés d’Avignon  étude sur Dom Pernety et son groupe, Paris  E. Nourry, 1929, 126 p. – J. Chammas, « Confusions familiales et déroutes incestueuses dans quelques romans du milieu du siècle  Caylus, Chevrier, Pernetti », Eighteenth-Century Fiction, avril 2005, p. 331-348. – P. Chevallier, Les Ducs sous l’acacia ou les premiers pas de la franc-maçonnerie française 1725-1743, Genève  Éd. Slatkine, 1994, 232 p. – A. Cioranescu, Bibliographie de la littérature française du dix-huitième siècle, Paris  Éd. du CNRS, 1969, t. II, p. 1374. – F. Z. Collombet, « L’abbé Pernetti », RLY, 1838, série 1, n° 8, p. 131-139 ; rééd. Études sur les historiens du Lyonnais, Lyon, 1839, t. I, p. 296-307. – P. Conlon, Le Siècle des Lumières, Genève  Droz, 2009, t. XXXII, p. 49. – Saint Fonds-Dugas. – A.-F. Delandine, Manuscrits de la bibliothèque de Lyon, Paris  Renouard, 1812, 3 vol. – Dumas. – Abbé Duret, Nouvelles générales et particulières de Lyon, 1722-1794, Ms805 f°150, août 1782. – A. Gazier, « L’expulsion des jésuites sous Louis XV », Rev. hist., 1880, t. 13, p. 308-325. – G. Grente, Dict. des lettres françaises  le XVIIIe siècle, éd. revue sous la dir. de F. Moureau, Paris  Fayard, 1995, art. « Pernetti, J. ». – P. Grosclaude, La Vie intellectuelle à Lyon dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle  contribution à l’histoire littéraire de la province, Paris  A. Picard, 465 p. – Les Lyonnais dans l’histoire, sous la dir. de J.-P. Gutton, Toulouse  Éd. Privat, 1985, art. « Pernetti, Jacques ». – E. Humbert, La Vie et les œuvres de Jean-Étienne Liotard, Amsterdam, Van Golph, 1897, 222 p. – Index biographique français, éd. T. Nappo, Munich  K. G. Saur, 2004, t. VI, p. 3333. – [A. Joly, H. Joly], Le XVIIIe siècle à Lyon  Rousseau, Voltaire et les sociétés de pensée, catalogue d’exposition, Lyon, BM Lyon, 1962, 31 p. – U. Kölving, A. Brown, Voltaire, ses livres et ses lectures  catalogue électronique de sa bibliothèque et relevé de ses autres lectures, Ferney-Voltaire, Centre international d’étude du XVIIIe siècle, 2007 (désormais VLL). – GDB Larousse, art. « Pernetti, J. ». – Lettres inédites de Jean Racine et de Louis Racine, éd. Adrien de La Roque, Paris  Hachette, 1862, 460 p. – P. Laurès, Supplément aux Lyonnais dignes de mémoires, Lyon, M. Frettagolet (fausse adresse), s.d. [1757], in-8°, 56 p. (L’Année littéraire, 1758, t. II, p. 92-93). – L. Maynard. – J.-B. Monfalcon, Histoire monumentale de la ville de Lyon, Paris  Firmin Didot, 1866, t. III, p. 32-33. – F. Mosser, Les Intendants des finances au XVIIIe siècle, Genève  Droz, 1978, XXVII-327 p. – F. Moureau, Répertoire des nouvelles à la main  dict. de la presse manuscrite clandestine XVIe-XVIIIe siècle, Oxford, Voltaire Foundation, 1999, 517 p. – A. Péricaud, Tablettes chronologiques pour servir à l’histoire de la ville de Lyon pendant  1751-1789, Lyon  P. Rusand, 1832, 48 p. –  Ch. Porset, C. Révauger (dir.), Le Monde maçonnique des Lumières (Europe-Amériques et Colonies)  dictionnaire prosopographique, Paris  H. Champion, 2013, art. « Pernetti, Jacques ». – J. Proust, « Diderot et la physiognomie », Cahiers de l’Association internationale des études françaises, 1961, p. 317-319. – Y. Sordet, L’Amour des livres au siècle des Lumières  Pierre Adamoli et ses collections, Paris  École des chartes, 2001, 537 p. - L. Trénard, Commerce et culture  le livre à Lyon au XVIIIe siècle, Lyon  Imp. Réunies, 1953, 44 p. - A. Vachet. – Œuvres complètes de Voltaire, Oxford  Voltaire Foundation, 1976, t. 132, col. 458.Iconographie.Portrait peint par Jean-Étienne Liotard en 1754 (MBA de Lyon, A 3018) ; gravé par Jean-Baptiste Tilliard.Samy Ben Messaoud et Denis Reynaud
Académie

L’abbé Pernetti compte plusieurs amis de longue date au sein de l’Académie des sciences et belles lettres de Lyon : « J’ai eu ce matin la visite du P. Pernetti qui m’a donné de vos nouvelles » (Dugas à Saint Fonds, 29 août 1721, t. I, p. 164). De même Antoine-François Regnauld de Parcieux*, directeur de l’Académie, qui propose sa candidature après le décès de L. Dugas (séance du 19 mars 1748). Il est élu le 26 mars 1748, « à la pluralité des voix. […] On a envoyé à la huitaine à fixer le jour de sa réception » (Ac.Ms266 f°7r), préféré à Jean-François Tolozan de Montfort* et à l’abbé Jean-Baptiste Greppo*. Le discours de réception, un Éloge de Dugas, est présenté le 23 avril 1748 (manuscrit perdu). Pernetti consacrera à son défunt ami un nouvel éloge, lu dans les séances du 3 mai et 29 novembre 1757. Également élu à l’Académie des beaux-arts de Lyon le 16 juillet 1749, Pernetti y prononce son discours de réception le 23 juillet.

L’abbé Pernetti, esprit encyclopédique, s’illustre d’emblée par une intense activité intellectuelle dont témoignent ses nombreuses dissertations. Pour lui, « le travail est la monnaie du plaisir » (Discours sur le travail, p. 31). Un discours prononcé en 1750, intitulé « sur les motifs qui peuvent engager un académicien à publier ses ouvrages par l’impression », suggère une nouvelle conception du savoir, destiné au large public des Lumières (Bollioud, Ac.Ms271 f°154). Mais le principal projet de Pernetti est la rédaction d’une histoire de l’Académie des sciences et belles lettres de Lyon, à la manière de Fontenelle : elle est composée d’éloges, souvent lus dans les assemblées publiques (17 mars et 5 mai 1750, 24 août 1751, 2 mai 1752, 6 février, 19 mars et 14 mai 1754, 18 février et 11 mars 1755). Quant aux Recherches pour servir à l’histoire de Lyon, elles ont fait l’objet de discours : préface (15 avril 1749), Sidonie Appollinaire (16 février 1751) avant que l’ouvrage imprimé ne soit présenté à l’Académie le 22 novembre 1757 (Ac.Ms266 f°12r). Cette enquête sera complétée par le Tableau de la ville de Lyon, lue avant sa publication à l’Académie, dont il offre un exemplaire à Malesherbes (Lyon, 27 mars 1760, BnF, ms.22151 f°84r-85v). Pernetti est élu à deux reprises directeur de l’Académie : le 16 décembre 1755, 15 décembre 1763. Il est aussi élu à l’Académie de Villefranche (1762). Son discours de réception à l’académie de Villefranche, commentaire d’une citation de Pope, est relu à Lyon le 13 juillet 1762.

Aucunement épuisé, Pernetti poursuit ses travaux académiques avec l’enthousiasme de ses débuts : Réflexions morales sur les différentes affections du cœur humain (11 janvier 1759, Ac.Ms266 f°99-100), lecture du discours d’Élie Bertrand, membre associé, sur l’amiante (29 mars 1759), éducation (20 mars 1760, 3 février 1763), géologie (11 août 1761), Discours aux Lyonnais sur l’établissement de la maison de Bicêtre (18 juin 1765), éloges de Louis Ferdinand de France, dauphin de France (18 mars et 15 avril 1766)…

De Paris, Pernetti écrit à ses confrères. « M. de la Tourette a fait la lecture d’une lettre de M. l’abbé Pernetti qui le prie d’assurer à la Compagnie de son respect et lui annonce la mort de M. de Parcieux [2 septembre], notre associé à l’Académie des sciences de Paris » (séance du 6 septembre 1768, Ac.Ms266 f°155r). Il envoie régulièrement « son tribut académique » (11 novembre 1770, Ac.Ms266 f°80v ; 26 novembre 1771, Ac.Ms266 f°127r ; 25 janvier 1772, Ac.Ms266 f°140r-140v). Lors de la séance du 15 décembre 1772, il demande le statut de vétéran : « M. le directeur [Bollioud-Mermet*] ayant recueilli les voix, il a été délibéré que pour témoigner à M. l’abbé Pernetti le regret de l’Académie, sa démission ne sera acceptée, que lorsque de retour à Paris, et persistant dans son dessein, il la lui enverra par écrit, et qu’alors il sera procédé à l’élection de son successeur » (Ac.Ms266 f°170v). Cette demande est renouvelée dans une lettre du 25 juin 1773 : « M. le directeur a pris les voix, et la Compagnie n’espérant plus que M. l’abbé Pernetti puisse résider à Lyon a déféré à son désir par l’acceptation de sa démission » (6 juillet 1773, Ac.Ms266 f°28r).

Bibliographie

Almanach astronomique et historique de la ville de Lyon, Lyon : A. Delaroche, 1755, p. 188 ; 1770, p. 177. – M. Audin, Bibliographie iconographique du Lyonnais, Lyon : A. Rey, 1909, t. I, p. 165. - S. Ben Messaoud, « Voltaire et Lyon », Bull. de la Société Historique, Archéologique et Littéraire de Lyon 33, 2003, p. 47-93. – Bréghot. – J. Bricaud, Les Illuminés d’Avignon : étude sur Dom Pernety et son groupe, Paris : E. Nourry, 1929, 126 p. – J. Chammas, « Confusions familiales et déroutes incestueuses dans quelques romans du milieu du siècle : Caylus, Chevrier, Pernetti », Eighteenth-Century Fiction, avril 2005, p. 331-348. – P. Chevallier, Les Ducs sous l’acacia ou les premiers pas de la franc-maçonnerie française 1725-1743, Genève : éd. Slatkine, 1994, 232 p. – A. Cioranescu, Bibliographie de la littérature française du dix-huitième siècle, Paris : Éd. du CNRS, 1969, t. II, p. 1374. – F. Z. Collombet, « L’abbé Pernetti », RLY 8, 1838, série 1, p. 131-139 ; rééd. Études sur les historiens du Lyonnais, Genève : Slatkine reprints, 1969, t. I, p. 296-307. – P. Conlon, Le Siècle des Lumières, Genève : Droz, 2009, t. XXXII, p. 49. – Saint Fonds et Dugas. – Dumas. – A. Gazier, « L’expulsion des jésuites sous Louis XV », Rev. hist., 1880, t. 13, p. 308-325. – G. Grente, Dict. des lettres françaises : le xviiie siècle, éd. revue F. Moureau dir., Paris : Fayard, 1995, art. « Pernetti, J. ». – P. Grosclaude, La Vie intellectuelle à Lyon dans la deuxième moitié du xviiie siècle : contribution à l’histoire littéraire de la province, Paris : A. Picard, 465 p. – Les Lyonnais dans l’histoire, J.-P. Gutton (dir.), Toulouse : éd. Privat, 1985, art. « Pernetti, Jacques ». – E. Humbert, La Vie et les œuvres de Jean-Étienne Liotard, Amsterdam, Van Golph, 1897, 222 p. – Index biographique français, éd. T. Nappo, Munich : K. G. Saur, 2004, t. VI, p. 3333. – [A. Joly, H. Joly], Le xviiie siècle à Lyon : Rousseau, Voltaire et les sociétés de pensée, catalogue d’exposition, Lyon, BM Lyon, 1962, 31 p. – U. Kölving, A. Brown, Voltaire, ses livres et ses lectures : catalogue électronique de sa bibliothèque et relevé de ses autres lectures, Ferney-Voltaire, Centre international d’étude du xviiie siècle, 2007 [désormais VLL]. – GDB Larousse, art. « Pernetti, J. ». – Lettres inédites de Jean Racine et de Louis Racine, éd. Adrien de La Roque, Paris : Hachette, 1862, 460 p. – P. Laurès, Supplément aux Lyonnais dignes de mémoires, Lyon, M. Frettagolet [fausse adresse], s.d. [1757], 56 p. (L’Année littéraire, 1758, t. II, p. 92-93). – L. Maynard. – J.-B. Monfalcon, Histoire monumentale de la ville de Lyon, Paris : Firmin Didot, 1866, t. III, p. 32-33. – F. Mosser, Les Intendants des finances au xviiie siècle, Genève : Droz, 1978, XXVII + 327 p. – F. Moureau, Répertoire des nouvelles à la main : dict. de la presse manuscrite clandestine xvie-xviiie siècle, Oxford, Voltaire Foundation, 1999, 517 p. – A. Péricaud, Tablettes chronologiques pour servir à l’histoire de la ville de Lyon pendant : 1751-1789, Lyon : P. Rusand, 1832, 48 p. – Ch. Porset, C. Révauger (dir.), Le Monde maçonnique des Lumières (Europe-Amériques et Colonies) : dict. prosopographique, Paris : H. Champion, 2013, art. « Pernetti, Jacques ». – J. Proust, « Diderot et la physiognomie », Cahiers de l’Association internationale des études françaises, 1961, p. 317-319. – Y. Sordet, L’Amour des livres au siècle des Lumières : Pierre Adamoli et ses collections, Paris : École des chartes, 2001, 537 p. - L. Trénard, Commerce et culture : le livre à Lyon au xviiie siècle, Lyon : Impr. Réunies, 1953, 44 p. - A. Vachez. – Les Œuvres complètes de Voltaire, Oxford : Voltaire Foundation, 1976, t. 132, col. 458.

Manuscrits

Tableau des Lyonnais renommés dans les lettres, les sciences et les arts : 53 notices biographiques (Ac.Ms124 f°2-30). – Réflexions sur le livre intitulé Telliamed [par Benoît de Maillet] contenant un nouveau système de la formation du monde, 9 novembre 1749 (Ac.Ms200 f°72-79 ; Mémoires de Trévoux, septembre 1750, p. 2083). – Discours de réception [à l’Académie des beaux-arts], prononcé [le] 23 juillet 1749 (Ac.Ms263 f°113). – Discours sur la véronique, lu à l’assemblée de la société royale le 26 mai 1751 (Ac.Ms222 f°64-69 ; Mercure de France, août 1753, p. 23-24 ; La Nouvelle bigarure, octobre 1753, t. VIII, p. 35-36). – Mémoire sur Cochlearia, lu à la société royale de Lyon, 20 juillet 1753 (Ac.Ms222 f°56-62). – Mémoire sur P dictionnaire historique 996

le citronnier, lu à la société royale le 9 août 1754 (Ac.Ms222 f°50-55). – Éloge de Gaspard Grollier de Servières, 16 mai 1755 (Ac.Ms124 f°31-41). – La platine ou l’or blanc (Ac.Ms214 f°131-137). – Sur l’eau la plus convenable à la boisson, 27 mai 1757 (Ac.Ms158 f°189-194). – Nécrologe des académiciens de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon depuis 1700 jusqu’en 1757 inclusivement (Ac.Ms119 f°128-144 ; Delandine, III, p. 429-430). – Éloge de M. de la Monce lu à l’assemblée publique de la société royale, le 7 décembre 1753 (Ac.Ms124 f°138-146). – Journal historique de l’Académie de Lyon [depuis 1700 jusqu’en 1757] (Ac.Ms301, 226 ff° : lettre à Mgr. de Fleurieu, f°1-2 ; préface lue à l’Académie, le 2 mai 1752, f°3-8). – Tableau de Lyon, 1759 (Ac.Ms158 f°223-232). – Mémoire sur le chêne, 1752 (Ac.Ms143 f°95-100 ; Mercure de France, décembre 1753, vol. 2, p. 16-17). – Remerciement à l’Académie de Villefranche, 1762 (Ac.Ms129 f°32-43 ; Delandine, t. I, p. 469 : « L’abbé Pernetti […] commente et étend les idées de cet axiome de Pope : “Tout ce qui est, est bien” »). – Compte rendu des travaux de l’Académie pendant le dernier semestre, le 8 mai 1764 (Ac.Ms267-II f°387-393). – Discours funèbre sur la mort du Dauphin, 1766 (Ac.Ms133 f°4-10). – Hebes et Herculis hymen, 1767 ; poésie latine (Ac.Ms126 f°69-74). – La source du bonheur et de la tranquillité est dans le travail (Ac.Ms129 f°18-27). – Commencement d’un mémoire sur l’homme sociable, lu à l’Académie en 1769 (Ac.Ms142 f°215-218). – Sur la sociabilité, 1770 (Ac.Ms128 f°45-52). – Réponse aux questions d’un père sur l’éducation, 6 lettres, 1775 (Ac.Ms147 f°21-21). – Lettres philosophiques sur les sympathies, 12 novembre 1776 (Ac.Ms142 f°119-127 ; Delandine, t. III, p. 473).

Pernetti est l’auteur des manuscrits suivants (Bollioud-Mermet, Ac.Ms271 f°202 ; Delandine, t. II, p. 136 ; Dumas, t. I, p. 281), attribués à tort au P. de Colonia par J. Vaësen (Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, Paris, Plon, 1898, t. 31, p. 77) : « Les avantages de l’histoire relativement à l’éducation, 1762 » (Ac.Ms147 f°151-160 ; Grosclaude, p. 71-72). – « Remontrances aux religieuses sur leurs pensionnaires », 1768 (Ac.Ms147 f°23-38). – « Suite des lettres sur la jeunesse. Lettres 5e-8e » (Ac.Ms147 f°61-65).

BM Lyon : Lettre à Lottin jeune, libraire à Paris, Paris 18 novembre 1768 (BM Lyon, MsCoste1131, pièce 24). – Observations sur « Les Lyonnais dignes de mémoire » de M. Pernetti, 6 ff° (BM Lyon, MsCoste1089). – Lettre de Pernetti à Pierre Adamoli, 1757 (BM Lyon, MsPA52 f°68 : copie, suivie de la réponse d’Adamoli, f°68v-69 ; seconde copie, BM Lyon, MsPA56 f°56 f°76-78, microfilm175 ; ce manuscrit contient des remerciements de Pernetti à Adamoli pour ses contributions aux Recherches pour servir à l’histoire de Lyon, Sordet, p. 291). – Observations sur l’ « Histoire littéraire de la ville de Lyon » [de Colonia] (BM Lyon, MsCoste1090 f°1-22 ; f°3-4 sont vierges). – Lettre de Pernetti à un destinataire non identifié, Lyon 18 mars 1764 (BM Lyon, fonds général, Ms1793-13). – Lettre de Pernetti à Malesherbes, 27 mars 1760 (BNF, coll. Anisson-Duperron, vol. 91, ms.22151 f°84r-85v et remerciements de Malesherbes, brouillon sans date, f°85r-85v).

Manuscrits perdus, inventoriés par Bollioud-Mermet (Ac.Ms271 f°154, f°202) : Examen physique des qualités nuisibles du café relativement à la santé, 1756. – Conjecture sur l’incendie de Lyon décrit par Sénèque, 1761. – Éclaircissements sur les véritables confins qui séparent le Lyonnais du Dauphiné au faubourg de La Guillotière, 1764 (Dumas, t. I, p. 280-282).

Publications

Les Abus de l’éducation sur la piété, la morale et l’étude, Paris : veuve A. Coustelier, J. Guérin, 1728, 287 p. – Le Repos de Cyrus, ou l’histoire de sa vie, depuis sa seizième jusqu’à sa quarantième année, Paris : Briasson, 1732, 3 t. (122 p., 103 p., 150 p.) en 1 vol. Ce roman pédagogique est traduit en allemand en 1735 par G. F. Bachmann (Journal des savants, avril 1733, p. 236-243 ; Mémoires de Trévoux, juin 1733, p. 1035-1047 ; 2e éd. en 1762, même libraire ; Moureau, p. 156 ; VLL7383). – Les Conseils de l’amitié, Paris : H. Guérin, J. Guérin, 1746, 245 p. (Mémoires de Trévoux, juin 1746, p. 1278-1294 ; Journal des savants, mai 1746, p. 313 ; 2e éd. encadrée, Lyon : De Ville, 1747 ; L’Année littéraire, 1784, t. VII, p. 216). – Lettres philosophiques sur les physionomies, La Haye : Neaulme, 1746, IV + 274 p. (Bibliothèque raisonnée, janvier-mars 1747, t. 38, p. 137-146 ; L’Année littéraire, 1760, t. V, p. 36-46 ; Mémoires de Trévoux, mai 1747, 1er vol., p. 773-783 ; rééd. chez le même libraire en 1748, 335 p. ; éd. 1750, Proust, p. 319 ; trad. Philosophical letters upon physiognomies, London, Griffiths, 1761, in-12, XXIV + 259 p.). – Histoire de Favoride, Genève, Barrillot et fils, 1750, 165 p. (rééd. dans les Nouvelles du xviiie siècle, éd. H. Coulet, Paris, Gallimard, « Bibl. de la Pléiade », 2012, p. 465-492 ; traduction allemande dédiée à Voltaire : Die Geschichte der Favoride An den Hern von Voltaire). – L’Infortuné provençal, ou mémoires du chevalier de Bélicourt, écrits par lui-même, Avignon, [s.n.], 1755, II-182 p. – Recherches pour servir à l’histoire de Lyon, ou les Lyonnais dignes de mémoire, Lyon : frères Duplain, 1757, 2 vol. (Mémoires de Trévoux, mars 1758, p. 616-635 ; L’Année littéraire, 1758, t. II, p. 73-92 ; Journal des savants, août 1758, p. 330-347 ; Annales typographiques, juillet 1760, p. 182-183 ; BM Lyon Ms1086 : exemplaire annoté par l’abbé de Saint-Léger ; VLL5623). – Journal de l’Académie des sciences et belles-lettres de la ville de Lyon depuis 1700 jusqu’à la fin de l’année 1757, La Haye, [s.n.], XXIV + 424 p. – Observations sur la vraie philosophie, Lyon : A. Delaroche, 1757, VIII + 47 p. (L’Année littéraire, 1757, t. V, p. 283-286 ; rééd. dans Choix de philosophie morale propre à former l’esprit et les mœurs, Avignon : veuve Girard, 1771, 2 vol. ; L’Année littéraire, 1772, t. V, p. 161 ; Mercure de France, janvier 1773, 1er vol., p. 116). – Tableau de la ville de Lyon, Lyon, 1760, [s.n.], 82 p. (L’Année littéraire, 1760, t. IV, p. 300-307 ; BM Lyon, Rés389178 : dédicace de Pernetti ; VLL5624). – Discours sur l’éducation, Lyon : A. Delaroche, 1763, 60 p. (livre présenté lors de la séance du 12 avril 1763, Ac.Ms266 f°71r ; Ac.Ms271 f°147). – Essai sur les cœurs, Amsterdam, [s.n.], 1765, 96 p. – Discours aux Lyonnais sur l’établissement de la maison de Bicêtre, s.l.n.d. [1765], 11 p. – Discours sur le travail, Amsterdam, [s.n.], 1766, 33 p. – L’Homme sociable et lettres philosophiques sur la jeunesse, Paris : J. B. Dessain, 1772, 237 p. (Journal encyclopédique, janvier 1773, t. I, partie 1, p. 14-24 ; « L’auteur en remit un exemplaire à l’Académie, le 17 novembre 1772 », Dumas, t. I, p. 281 ; conservé sous la cote 200 252. Livre rare réédité en 1776 chez le même libraire). – « Conjectures sur l’incendie de Lyon (1761) », Mélanges sur l’histoire ancienne de Lyon, éd. J.-B. Monfalcon, Lyon : Bajat, 1846, 22 p. (BM Lyon, Rés355935 : éd. bibliophilique) ; le manuscrit de ces « Conjectures », inventorié par Bollioud-Mermet (Ac.Ms271 f°202) et Dumas (t. I, p. 282), est aujourd’hui perdu.

Cette notice a été révisée.